
29 min |
Espagne |
2006
Si la vie d’une personne est marquée par la temporalité de ses actions, le commencement, la durée et la fin de celles-ci, quelle est la vie d’une personne qui se trouve empêchée de réaliser tout type d’action ? Quelle est la vie d’une personne vivant dans un état végétal ? Tempo Morto tente de donner une réponse à ces questions.
Nous tentons de nous approcher d’Eladia, une femme dont la capacité de maintenir un rapport avec le monde est pratiquement nulle , dont les possibilités de communication sont quasi inexistantes, mais en qui on découvre un certain degré de conscience. A travers une observation patiente, nous découvrons comment pourrait être la vie de cette femme.
Nous tentons de nous approcher d’Eladia, une femme dont la capacité de maintenir un rapport avec le monde est pratiquement nulle , dont les possibilités de communication sont quasi inexistantes, mais en qui on découvre un certain degré de conscience. A travers une observation patiente, nous découvrons comment pourrait être la vie de cette femme.
Formato original:
DV. CouleurIdioma:
Espagnol et galicienImagen:
Pablo Morales CanedoSonido:
Pablo Morales CanedoMontaje:
Pablo Morales Canedo y Begoña Ruiz UlibarriProducción:
Pablo Morales CanedoTexto sobre la película
Tempo morto est né d’après une expérience personnelle avec un membre de ma famille qui, à cause d’une maladie dégénérative du système nerveux, est restée attachée au lit, sans aucune possibilité d’agir avec le monde qui l’entoure. C’était un vécu très fort qui est devenu plus tard le sujet d’une réflexion sérieuse et profonde sur l’euthanasie en tant que possibilité éthiquement correcte.
Quand j’ai fait le film, je ne voulais pas faire un pamphlet pro-euthanasie. Je voulais juste montrer la réalité de la vie d’une personne qui se trouve dans cet état. Je ne voulais pas imposer une idée particulière au spectateur, mais le confronter à une réalité qui normalement reste cachée pour nous, et le pousser à penser sur le thème, à prendre position.
Tempo morto a un fondement intellectuel. Si la vie d’une personne est marquée par le commencement, la duré et la fin des actions qu’elle réalise, comment est la vie de quelqu’un qui se trouve empêché de réaliser tout type d’action ? Comment est la vie d’une personne qui vit dans un état végétal ?
Le film a un caractère purement descriptif. La dramatisation et la construction des personnages n’ont pas d’importance. C’est à travers cette description de la temporalité que le spectateur peut accéder au monde d’Eladia, la protagoniste, ou au moins s’y approcher. L’outil utilisé à cette fin n’est autre que l’observation, l’accompagnement du personnage. Quand nous sommes avec Eladia sans rien faire, juste en étant avec elle, nous commençons à comprendre comment peut être sa vie.
Il y a une anecdote illustrative de ce mécanisme de compréhension à travers l’accompagnement. Quand j’étais en train de filmer, une fois la directrice de la résidence où Eladia habite est venue nous voir et elle est restée avec nous durant le tournage d’un plan. C’était environ deux ou trois minutes. Quand j’ai arrêté la caméra, elle m’a dit qu’elle était très touchée et émue. Bien qu’elle soit rentrée plusieurs fois dans la chambre et qu’elle ait été avec Eladia, elle n’était jamais restée à son côté sans rien faire, juste en l’observant, et ça lui avait donné un point de vue complètement différent envers elle.
Un autre élément important dans le film est de montrer Eladia comme un être humain, avec une vie et une conscience, même si nous ne savons pas exactement quelle est son degré de conscience. De cette façon le spectateur la voit comme étant son égal, comme un autrui, et non pas comme un bout de chair inerte. C’est pour cela, entre autres, que nous nous approchons tellement d’elle. Nous la regardons face à face, nous regardons ses yeux, comme nous regardons une personne.
Cette humanisation d’Eladia fait que, en général, le spectateur ne perçoit pas Tempo morto juste comme une réflexion intellectuelle, mais comme un film avec une grande charge émotive. Nous faisons face, enfin, à une réalité humaine très proche à nous-mêmes, malgré notre envie de la tenir le plus loin possible : dans notre vieillesse nous pouvons tous finir dans la même situation dans laquelle elle se trouve.
Pablo Morales Canedo.
Quand j’ai fait le film, je ne voulais pas faire un pamphlet pro-euthanasie. Je voulais juste montrer la réalité de la vie d’une personne qui se trouve dans cet état. Je ne voulais pas imposer une idée particulière au spectateur, mais le confronter à une réalité qui normalement reste cachée pour nous, et le pousser à penser sur le thème, à prendre position.
Tempo morto a un fondement intellectuel. Si la vie d’une personne est marquée par le commencement, la duré et la fin des actions qu’elle réalise, comment est la vie de quelqu’un qui se trouve empêché de réaliser tout type d’action ? Comment est la vie d’une personne qui vit dans un état végétal ?
Le film a un caractère purement descriptif. La dramatisation et la construction des personnages n’ont pas d’importance. C’est à travers cette description de la temporalité que le spectateur peut accéder au monde d’Eladia, la protagoniste, ou au moins s’y approcher. L’outil utilisé à cette fin n’est autre que l’observation, l’accompagnement du personnage. Quand nous sommes avec Eladia sans rien faire, juste en étant avec elle, nous commençons à comprendre comment peut être sa vie.
Il y a une anecdote illustrative de ce mécanisme de compréhension à travers l’accompagnement. Quand j’étais en train de filmer, une fois la directrice de la résidence où Eladia habite est venue nous voir et elle est restée avec nous durant le tournage d’un plan. C’était environ deux ou trois minutes. Quand j’ai arrêté la caméra, elle m’a dit qu’elle était très touchée et émue. Bien qu’elle soit rentrée plusieurs fois dans la chambre et qu’elle ait été avec Eladia, elle n’était jamais restée à son côté sans rien faire, juste en l’observant, et ça lui avait donné un point de vue complètement différent envers elle.
Un autre élément important dans le film est de montrer Eladia comme un être humain, avec une vie et une conscience, même si nous ne savons pas exactement quelle est son degré de conscience. De cette façon le spectateur la voit comme étant son égal, comme un autrui, et non pas comme un bout de chair inerte. C’est pour cela, entre autres, que nous nous approchons tellement d’elle. Nous la regardons face à face, nous regardons ses yeux, comme nous regardons une personne.
Cette humanisation d’Eladia fait que, en général, le spectateur ne perçoit pas Tempo morto juste comme une réflexion intellectuelle, mais comme un film avec une grande charge émotive. Nous faisons face, enfin, à une réalité humaine très proche à nous-mêmes, malgré notre envie de la tenir le plus loin possible : dans notre vieillesse nous pouvons tous finir dans la même situation dans laquelle elle se trouve.
Pablo Morales Canedo.
